La sainte Église catholique est le Corps mystique de Jésus-Christ. C'est cette vérité de foi que le Pape Pie XII a voulu enseigner, développer et mettre en lumière par la publication de l'encyclique Mystici Corporis.
Ce document du Magistère est un monument de théologie et de piété – et il est bien plus que cela puisque c'est Jésus-Christ qui parle par son Église. Malheureusement, il est bien méconnu ; et nombreux sont ceux qui dissertent à perte de vue sur l'Église sans n'avoir jamais lu cette encyclique
Il faut dire que la lecture en est ardue : le texte occupe 56 pages des Acta Apostolicæ Sedis et se présente sans titres ni sous-titres (hormis la tête du document). Les éditions en langue française intercalent ordinairement les subdivisions de l'index des Acta mais ne respectent pas la division en paragraphes du texte latin, ce qui rend le repérage difficile.
Voici donc le texte traduit en français de l'encyclique Mystici Corporis (provisoirement sans les notes) avec la numérotation des paragraphes latins.
Pour en faciliter la lecture ou même la rendre simplement possible on trouvera ci-dessous un guide de lecture qui fait référence à la même numérotation. Ce guide est en même temps un résumé de l'encyclique, mais il est incapable de donner une juste idée de sa richesse. Il ne dispense en rien de sa lecture.
Que la sainte Vierge Marie nous donne l'amour de l'Église, de son intégrité, de sa splendeur.
Guide de lecture de « Mystici Corporis » de Pie XII (29 juin 1943)
« sur le Corps mystique de Jésus-Christ et notre union en Lui avec le Christ. »
Introduction [1-11]
[1-2] La grandeur de la doctrine du Corps mystique et la gravité des circonstances déterminent le Pape à parler de l'Église militante.
[3] Comme Jésus-Christ son divin fondateur, l'Église est méconnue et méprisée.
[4-5] Le Pape espère ranimer la vie théologale des fidèles, et attirer à l'Église les âmes de bonne volonté.
[6-7] Le moment est opportun car tous les hommes regardent vers l'Église.
[8-11] Le Pape accomplit sa charge d'enseigner la vérité, de condamner les erreurs, de faire resplendir la nature et la noblesse la sainte Église.
Première partie [12-66] : L'Église est le corps mystique de Jésus-Christ
[12-13] Dans le plan de Dieu, l'Église est l'instrument du salut des âmes.
[14-23] I. L'Église catholique est un Corps.
[14-15] C'est cette qualité qui la rend une et indivisible, et visible.
[16-17] Ce Corps est organiquement constitué, et doté d'une hiérarchie.
[18-19] Il est divinement pourvu des sacrements, qui sont les moyens vitaux de la sanctification.
[20-21] C'est le baptême et la profession de la foi catholique qui rendent membre de ce Corps,
[22-23] dont on n'est pas exclu par le péché, si ce n'est celui d'hérésie, de schisme ou d'apostasie.
[24-58] II. L'Église est le Corps du Christ
[24] L'Église n'est pas un corps quelconque mais celui de Jésus-Christ :
[25] parce que Jésus-Christ en est le fondateur
[26] par la prédication de l'Évangile et le choix des Apôtres,
[27-31] par le sacrifice de la Croix, source des trois pouvoirs de l'Église : Magistère (pouvoir d'enseigner), Ordre (pouvoir de sanctifier) et Juridiction (pouvoir de gouverner) et de leur infaillibilité,
[32] et par l'envoi du Saint-Esprit ;
[33-34] parce que Jésus-Christ en est la tête
[35] en raison de son excellence comme Dieu et comme médiateur,
[36-37] en raison de son autorité
[38] tant céleste et invisible
[39-40] qu'ordinaire et visible par le Pape pour l'Église universelle,
[41-42] par les évêques pour les églises particulières,
[43] en raison des relations mutuelles qu'il entretient avec son Église,
[44-46] en raison de la profonde ressemblance que son Église tient de lui,
[47] en raison de sa plénitude de grâce et de vérité,
[48] et en raison de son influence sur le Corps mystique
[49] par l'infusion de la lumière divine
[50] et la communication de la sainteté ;
[51-52] parce que Jésus-Christ en est le soutien
[53] en raison de la mission qu'il a donnée aux Apôtres,
[54] et en raison de l'Esprit de Jésus-Christ
[55] qui est le Saint-Esprit demeurant dans le Corps mystique
[56] dont il est l'âme unifiante et vivifiante ;
[57] et parce que Jésus-Christ en est le Sauveur.
[58-66] III. L'Église est le Corps mystique de Jésus-Christ
[59] Dans le Corps mystique, à la différence d'un corps naturel, chaque membre jouit de sa subsistance et sa fin propres.
[60-61] Dans le Corps mystique, à la différence d'un corps moral, l'unité est intrinsèque et surnaturelle.
[62-66] L'Église est une, sans distinction d'une « Église juridique » et d'une « Église d'amour », facettes dune même réalité.
Deuxième partie [67-84] : L'union des fidèles avec Jésus-Christ
[67] Dans l'Église et par l'Église, nous sommes étroitement unis à Jésus-Christ.
[68] Cette union, ayant sa source dans la volonté de notre Père, ayant son siège dans les âmes, ayant sa fin dans la gloire de Dieu, est invisible.
[69] Mais elle est visible aussi, et sociale, par la profession de la même foi, par la participation au même sacrifice, par la réception des mêmes sacrements, par la soumission à l'autorité du souverain Pontife.
[70-73] À ces liens visibles et sociaux s'ajoutent les liens directs et personnels des trois vertus théologales.
[74] La charité envers Dieu redescend nécessairement en charité envers le prochain.
[75] Jésus-Christ nous connaît et nous aime de toute éternité, et nous unit à lui.
[76-78] Ainsi, l'Église est le « plérôme » de Jésus-Christ, sa plénitude, sa couronne, son rayonnement.
[79-80] Cette unité se réalise par l'habitation du Saint-Esprit dans les âmes des justes, présence surnaturelle, mystérieuse, spirituelle qui ne nous ôte pas notre condition de créature ni notre nature propre.
[81-84] Cette unité est accomplie et manifestée par le sacrement de la sainte Eucharistie, offrande du Sacrifice et réception de Sauveur.
Troisième partie [85-107] : Exhortations
[85-89] I. En cette matière difficile, des erreurs dangereuses circulent :
[85] un pseudo-mysticisme, qui prend au sens physique la notion d'Église Corps de Jésus-Christ ;
[86] le quiétisme, qui nie ou néglige la nécessité du combat et de l'effort ;
[87] la réduction de la nécessité du sacrement de pénitence ;
[88] la négation de la valeur impétratoire de la prière ;
[89] l'assertion selon laquelle Jésus-Christ ne doit pas être le terme de notre prière, mais seulement le médiateur.
[90-107] II. Le Pape appelle à l'amour de l'Église et à la fierté de lui appartenir.
[91] Cet amour doit être intégral et non sélectif ;
[92-93] il doit être empli de l'esprit de foi qui nous montre Jésus-Christ vivant en l'Église et en tous ses membres ;
[94-107] il doit imiter l'amour que Jésus-Christ porte lui-même à l'Église, à savoir :
[95-96] un amour catholique (universel),
[97] un amour actif et constant.
[98] Les pères et mères ont un devoir particulier à cet égard.
[99-103] Nous devons imiter cet amour de Jésus-Christ dans la prière
[99] pour les chefs et les membres de l'Église,
[100-102] pour les brebis errantes qui sont encore hors de l'Église,
[103] pour les rois, les princes et les autorités civiles.
[105-106] Enfin, cet amour est compatissant, souffrant et réparateur.
[107] Que les chrétiens aiment vraiment l'Église et s'offrent à Dieu pour elle.
Épilogue [108-111]
[108-109] La Bienheureuse Vierge Marie est la mère du Chef et des membres du Corps mystique de Jésus-Christ :
[108] qu'elle nous inspire et nous obtienne un grand amour de l'Église catholique ;
[109] supplions-la pour que l'Église soit sans cesse vivifiée et protégée.
[110] Bénédiction apostolique.
[111] Envoi.